Mercredi au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le Chef de l’État a participé aux travaux du panel ayant pour thème : « Le dernier poumon de la terre ». Dans son intervention, le Président Félix Tshisekedi a annoncé la création de la plus grande réserve forestière tropicale protégée au monde appelée « Le Couloir vert Kivu-Kinshasa », également connu sous le nom de « Réserve du fleuve Congo ».
Le Chef de l’État a révélé qu’en réponse à la crise climatique croissante et à la déforestation massive qui touche les grandes forêts du monde, « Le Couloir vert Kivu-Kinshasa » sauvegardera l’avenir du Bassin du Congo. Long de 550 000 km², dont 285 000 km² de forêt primaire et 60 000 km² de tourbières intactes, le Couloir va s’étendre d’Est en Ouest. « La déforestation du Bassin du Congo met en danger l’humanité toute entière. La préservation du Bassin garantira que les objectifs de l’Accord de Paris restent en contact, tout en jetant les bases d’un nouvel avenir pour le peuple congolais, caractérisé par l’unité, la stabilité et la prospérité », a déclaré le Président Tshisekedi.
L’annonce de ce projet a été saluée par plusieurs autres panélistes parmi lesquels le Fondateur du Forum économique mondial, le professeur Klau Schwab, qui a admiré cet engagement du Président Tshisekedi à soutenir le lien entre la paix, le développement durable et la conservation de la nature, ainsi que l’ancien Secrétaire d’État américain, John Kerry, qui a pour sa part « salué cette initiative essentielle visant à préserver et protéger le Bassin et à donner à des millions de Congolais les moyens de contribuer à prévenir les pires impacts de la crise climatique ».
L’Est de la RDC est en proie à l’instabilité et à la violence depuis trois décennies. Parallèlement à la préservation des forêts du bassin du Congo, le Corridor vise à stimuler la croissance économique afin de réduire la violence et d’unir l’est et l’ouest de la RDC. II vise à transférer chaque année un million de tonnes de nourriture des Kivus vers Kinshasa, la plus grande ville d’Afrique, et sera alimenté par une énergie renouvelable issue du potentiel hydroélectrique du fleuve Congo, sur le modèle de l’Alliance des Virunga: un projet public pionnier. Partenariat privé qui est devenu la plus grande source d’énergie propre dans l’est du Congo et a créé plus de 21 000 emplois au cours des cinq dernières années, dont 11% ont été occupés par d’anciens membres de milices armées.
Les écosystèmes uniques de l’Amazonie, les vastes forêts de l’Asie du Sud-Est et du bassin du Congo jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité et dans le maintien des moyens de subsistance de millions de personnes. Pourtant, ils sont confrontés à une multitude de menaces liées à la déforestation, au changement climatique et à l’exploitation des ressources.
Alors que l’Amazonie est devenue un émetteur net de carbone en 2021 et que l’Asie du Sud-Est perd 1,2% de ses forêts par an, le bassin du Congo séquestre 1,5 milliard de tonnes de CO₂ par an avec une tourbière qui stocke 29 milliards de tonnes de carbone – l’équivalent d’environ trois ans d’émission , l’équivalent des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le bassin du Congo conserve de vastes zones de forêt intacte et s’étend sur six pays : le Cameroun, la République centrafricaine, la RDC, le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. Environ 60% de la forêt se trouve en RDC. Le bassin du Congo abrite 10 000 espèces uniques, dont un tiers ne se trouvent nulle part ailleurs sur la planète, parmi lesquelles les quatre espèces de grands singes d’Afrique. Elle assure la subsistance de 60 millions de personnes, qui dépendent des ressources forestières pour leur alimentation, leur chauffage, leur énergie et leur emploi.
Le soutien initial à la création du Corridor est fourni par l’Union européenne, la Banque Grameen, la Fondation Schmidt et l’initiative 1t.org du Forum économique mondial.
La Rédaction